Rosy Auguste Ducéna, un modèle de Rigueur obstinée
In extenso
‘’Voilà une femme honorable qui prend tout au sérieux, d’abord elle-même’’. C’est la première impression que nous laisse Rosy Auguste Ducéna, en la voyant travailler dans son bureau au Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), au #9, rue Rivière, Port-au-Prince. La tête dans le guidon ? Non. Le cœur à l’ouvrage. Effectivement.
Dans un langage nietzschéen l’on dirait que la Port-au-Princienne née le 23 avril 1979 est devenue ce qu’elle est. C’est-à-dire, une femme qui, consciemment, s’est construite pour devenir LA Défenseure des Droits humains. Simplement parce qu’elle porte en elle-même, nous parlons là de son ipséité, le sens de l’Autre.
Elevée par sa mère, son père étant décédé alors qu’elle n’était pas encore venue au monde, Rosy Auguste Ducéna a grandi dans une fratrie de dix (10) enfants où le respect des engagements et de la parole donnée était un véritable Credo familial. « Ma mère nous a tous et toutes offert les mêmes chances de formation et d’études, dans un contexte où il était admis de n’envoyer que les garçons à l’école… Mais, ce n’est que bien plus tard, dans ma carrière de militante des Droits Humains, que je mettrai des noms clairs et précis sur ces valeurs vécues, qui constituent en fait le socle de Droits humains », raconte la licenciée en Sciences juridiques (FDSE, 1999-2003).
Depuis 2018, RAD occupe le poste de Responsable de programmes au RNDDH, l’une des organisations les plus représentatives en matière de lutte pour le respect des Droits de l’Homme en Haïti. Ce poste qui fait d’elle une « voix autorisée » de l’institution et qui fait autorité ici et ailleurs, elle ne l’a pas volé. Avec patience et rigueur, deux de ses traits caractériels majeurs, Rosy Auguste Ducéna a gravi les échelons.
En 2002, sa demande d’intégration à la Coalition Nationale pour les Droits Haïtiens (NCHR) ancêtre du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a été acceptée. Ainsi, elle est devenue, après une courte période probatoire, Assistante de programme monitoring. Neuf (9) ans plus tard, soit en 2011, elle est promue Assistante responsable de programmes, pour enfin devenir, à l’âge de 39 ans, Responsable de programmes.

Même si toute sa vie semble dédiée à cette noble cause, la Défense des Droits fondamentaux de l’être, l’ancienne élève du Collège Roger Anglade est mariée et mère de deux garçons âgés respectivement de douze (12) et neuf (9) ans. Son principal loisir est la lecture, surtout la lecture boulimique d’œuvres romanesques, toutefois elle se fait toujours le devoir de partager l’univers de son mari.
« Je regarde le football et le basketball parce que Junior (mon conjoint) le fait, pour passer du temps avec lui. Sinon, moi, je préfère la lecture. Ce n’est peut-être pas trop ludique, mais je passe beaucoup de temps dans les romans », a fait savoir la fille du Hougan de grande renommée, le Maître des trois (3) Roses en fer.
En somme, cette catholique qui est pourtant marquée et sacrée dans le Vodou, peut être définie comme une femme à trois (3) étages : féministe aguerrie, militante anti-corruption, défenseure des droits humains.

Aux Etats-Unis, en France, en Suisse, au Mexique, entre autres, Rosy Auguste Ducéna a suivi de nombreuses formations tant sur l’Eradication de la violence sexuelle dans les situations de conflit que sur la Lutte pour la réduction de la pauvreté ou sur la Liberté d’Information et le Droit International, qui font d’elle une femme assez inspirée et assez mûre pour le combat dans lequel elle s’est engagée depuis plus de vingt (20) ans.
