1825-2025 : Gusti-Klara Gaillard Pourchet, coprésidente de la Commission mixte franco-haïtienne sur la dette

1825-2025 : Gusti-Klara Gaillard Pourchet, coprésidente de la Commission mixte franco-haïtienne sur la dette

Annoncée par le Président français, Emmanuel Macron, dans une Déclaration en date du 17 avril 2025, confirmée par arrêté pris par le Conseil présidentiel de transition (CPT) et publiée le même jour, la nomination de Gusti-Klara Gaillard Pourchet comme coprésidente de la commission franco-haïtienne sur la dette est saluée surtout par des personnalités du monde universitaire haïtien. Une désignation jugée légitime, d’autant que la fille du grand écrivain et historien Roger Gaillard (1923-2000) a fait de la question de la rançon de 1825, depuis bien longtemps, une certaine « cause ».

Qui est Gusti-Klara Gaillard Pourchet ? Télégramme360 vous livre ici une idée aussi succincte qu’intéressante de l’historienne. 

Gusti-Klara Gaillard Pourchet est docteure en Histoire et, depuis 2015, habilitée à diriger des recherches (HDR). Professeure, depuis 1987, à l’École Normale Supérieure de l’Université d’État d’Haïti (UEH), elle est directrice de la Fondation Roger Gaillard (FORG) et est membre de la Société Haïtienne d’Histoire, de Géographie et de Géologie. Elle a, entre autres, coordonné les concours de 2015, 2017 et 2019 du Prix de la Société Haïtienne d’Histoire en partenariat avec la FORG et a siégé de 2018 à 2022 au Conseil scientifique de l’UEH.

Les activités de recherches de la Professeure Gaillard ont débuté avec son mémoire de Maitrise (Master 1) pour lequel, en 1988, le Prix de la Société Haïtienne d’Histoire lui a été décerné. 

Cette étude publiée en 2009 s’intitule : L’expérience haïtienne de la dette extérieure ou une production caféière pillée (1875-1915).  Prolongeant la thématique de sa thèse de doctorat soutenue en 1991, le titre du dossier d’HDR de la Professeure Gaillard indique son périmètre d’études : « Haïti-France : une pratique de relations inégales aux XIXe et XXe siècles. Économie, politique, culture ». Ses recherches actuelles portent sur les liens franco-haïtiens de la première moitié du XIXe siècle.

Le 9 avril 2025, soit à moins de deux (2) semaines de la commémoration du bicentenaire de l’indemnité que la France a imposée à Haïti et qui a donné lieu à la double dette de l’Indépendance, l’ambassade d’Haïti en France avait organisé une conférence-débat en ses locaux autour du thème : « Haïti et l’ordonnance royale du 17 avril 1825 ». Laquelle conférence-débat animée par la professeure Gusti-Klara Gaillard Pourchet avait rassemblé plusieurs ressortissants haïtiens vivant dans l’Hexagone.

Lors de son intervention, l’historienne avait abordé plusieurs aspects de ce fait historique et retracé avec force de détails la manière dont la France a fait payer à Haïti sa liberté acquise sur les champs de bataille deux (2) décennies plus tôt. A l’occasion, un fait peu connu de l’histoire de la rançon a été évoqué par Gusti-Klara Gaillard Pourchet : la manière dont la France a évalué les biens à indemniser dont les humains, qui étaient, au moment de l’esclavage, considérés comme « des biens meubles ». La professeure Gaillard a souligné en effet, que dès 1825, en plus des plantations et des bâtiments, les commissions d’experts françaises ont intégré dans leurs calculs « les personnes qui ont été réduites en esclavage ». 

La méthode d’évaluation prenait en compte la « valeur » des anciens esclaves, allant jusqu’à s’appuyer sur les anciens recensements coloniaux et les actes notariés où ces hommes, femmes et enfants figuraient comme des biens meubles, avait révélé la directrice de la Fondation Roger Gaillard (FORG). Si des dirigeants haïtiens se sont opposés à toute compensation pour les « pertes humaines », l’historienne a fait savoir que cette exigence a été intégrée à l’indemnité coloniale, au profit des anciens colons et de leurs créanciers.

Aujourd’hui, aux côtés de Monsieur Yves Saint-Geours, titulaire d’un diplôme d’études approfondies et agrégé d’histoire, Gusti-Klara Gaillard Pourchet est appelée à coprésider la commission mixte franco-haïtienne sur la dette. « Cette commission, composée d’historiens, de nos deux États, aura pour mission d’explorer deux siècles d’histoire, y compris l’impact de l’indemnité de 1825 sur Haïti, d’analyser les représentations et les mémoires croisées de cet épisode entre nos deux pays, et d’aborder les développements de la relation franco-haïtienne au XXème siècle », a précisé le président français Emmanuel Macron, mentionnant auparavant que cette structure mixte proposera aux deux gouvernements des recommandations afin d’en tirer les enseignements et construire un avenir plus apaisé.

Ce qui, selon l’analyse du Comité national haïtien de restitutions et de réparations (CNHRR) constitue un « très petit pas dans la bonne direction ». Attendons de voir… 

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