Le GARR mobilise autour de la lutte contre la traite humaine: un forum pour passer à l’action
Port-au-Prince,le 25 juillet 2025.-
En prélude à la Journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains, célébrée le 30 juillet, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR), en collaboration avec le Centre Haïtien d’Études et de Formation sur la Gouvernance (CHEFEJE), a organisé-ce vendredi 25 juillet 2025-un forum national consacré à la traite des personnes et au trafic d’êtres humains. L’événement, a réuni plusieurs acteurs de la société civile, des experts en migration, ainsi que des défenseurs des droits humains.
Placée sous le thème « Ensemble, luttons contre les pratiques de la traite et du trafic d’êtres humains », cette initiative a offert un espace de réflexion collective sur un phénomène à la fois complexe, transfrontalier et encore largement sous-estimé en Haïti.
Un espace de dialogue et de propositions concrètes
La traite des êtres humains demeure un fléau silencieux, en particulier dans les zones frontalières où la précarité socio-économique rend de nombreuses personnes vulnérables aux réseaux de trafic et d’exploitation. Pour le GARR, cette rencontre dépasse le simple cadre de sensibilisation. L’organisation espère en tirer des résultats concrets, afin de structurer un plaidoyer plus fort, ciblé et efficace pour contrecarrer ce fléau.
« Ce forum n’est qu’un point de départ. Ce que nous recherchons, ce sont des résultats clairs, des propositions d’actions concrètes afin de construire un plaidoyer fort contre ce phénomène qui détruit des vies dans l’ombre », a souligné Sam Guillaume, responsable de communication du GARR.
Des mots forts, une réalité accablante
Parmi les interventions marquantes de la journée, celle de Jocelyne Colas Noël, directrice de la Commission Épiscopale Nationale Justice et Paix (JILAP), a particulièrement retenu l’attention :« Haïti n’a aucun contrôle sur ce phénomène. L’État haïtien ne pose aucune action concrète face à la République dominicaine pour endiguer le trafic d’êtres humains», a-t-elle déploré.

Une déclaration qui met en lumière la faiblesse institutionnelle du pays face à cette problématique, ainsi que le manque de volonté politique pour protéger les citoyens les plus exposés.
Appliquer les lois existantes : une urgence
Face à ce constat inquiétant, James Gédéon, représentant de CHEFEJE, a tenu à rappeler que la lutte contre la traite humaine passe d’abord par l’application effective des cadres juridiques existants :
« Il existe des lois nationales et des traités internationaux visant à lutter contre la traite des personnes et le trafic d’êtres humains. Il est donc du devoir des institutions haïtiennes de renforcer ces dispositifs, de veiller à leur application et de poursuivre les trafiquants. »
Une mobilisation nationale nécessaire
Ce forum s’inscrit dans une série d’actions stratégiques du GARR visant à renforcer la protection des droits humains, notamment dans les contextes de migration forcée, de rapatriement ou de déplacement interne.

Alors qu’Haïti fait face à une crise multidimensionnelle, marquée par l’insécurité, la pauvreté et la faiblesse des institutions, le GARR appelle à un engagement national renouvelé pour faire de la lutte contre la traite des êtres humains une priorité politique, juridique et humanitaire.
Samengie François
