Delmas (24-30),Nazon, Solino: des déplacés internes appelés à regagner les enfers inventés par “Viv ansanm”
En attendant que les tout-puissants chefs de la coalition criminelle « Viv ansanm » dictent au soleil d’Haïti quand se lever et quand se coucher, ils ont, dans leur redoutable force aussi infernale que monstrueuse qui confirme la faiblesse de l’Etat, ordonné aux habitants de Delmas 24, Delmas 30, Nazon, Solino de regagner leurs maisons.
Ces mêmes habitants qu’ils avaient chassés il y a neuf (9) mois, soit en novembre 2024, après plusieurs mois de résistance. Tel qu’exigé par le caïd Jimmy Chérisier alias Barbecue, certaines gens, désœuvrées, déshéritées, dépourvues de tout et n’ayant que leur âme pour tout bien, ont répondu à l’appel du « chef », retournant ainsi sur leurs lieux d’habitation. Delmas 24, Delmas 30, Nazon, Solino…, de véritables champs de ruines, des charniers. Maisons trouées, délabrées, sans toitures, rues défoncées, encombrées de détritus et de carcasses de toute sorte, bref des lieux où le désespoir rivalise avec la désolation. Voilà l’œuvre macabre et inhumaine des ‘’pseudo-partisans de paix’’.
Tout est à refaire
Appelés par l’ancien policier devenu criminel notoire à regagner leurs demeures, les habitants de ces quartiers n’ont pas de « chez eux » dans la réalité. Il n’y a que quelques murs souillés qui restent debout. Décapitalisés, les déplacés ne pourront pas reconstruire tous seuls. A ce niveau, l’accompagnement de l’Etat et l’appui des Organisations non-gouvernementales (ONG) seraient salutaires. Lors d’une manifestation organisée le dimanche 24 août 2025, les gens vivotant dans les camps de fortune réclamaient le retour dans leurs quartiers.

Aujourd’hui, ceux qui ont fait confiance à l’appel de paix des bandits armés, ont pu voir de leurs propres yeux l’invivabilité de leur environnement. Donc, le retour est pour l’instant impossible après le passage de l’ouragan « Viv ansanm ».
Dans l’attente d’un Etat failli
« Les gangs nous ont dit que nous pouvions rentrer chez nous, mais sans policiers. Je suis allé constater les dégâts. Tout a été pillé, même les portes de ma maison ont été volées », témoigne un ancien résident de Solino, ayant participé à la marche organisée le dimanche 24 août 2025. Pour lui comme pour bien d’autres, un plan macabre se cache derrière cet appel de gangs armés qui, malgré leur promesse de paix, refusent la présence de policiers nationaux dans la zone.

Ainsi, plusieurs habitants réfugiés depuis plus de huit mois dans des camps de fortune, répartis notamment à Bourdon, préfèrent attendre l’évolution de la situation, avant d’envisager un éventuel retour. Ils sont dans l’attente d’un Etat indifférent qui ne fait pas grand cas de leur sort ni de leur critique état.
Après le constat du caractère invivable de Delmas 24, Delmas 30, Nazon, Solino n’est plus à démonter, il ne faut pas perdre de vue, non sans amertume, une autre réalité aussi dure que révoltante : plus que l’Etat, « Viv ansanm » détient le monopole de la capacité de convocation, puisqu’il a fallu que Barbecue appelle à la paix, pour que les habitants de ces quartiers puissent aller voir de leurs propres yeux l’enfer inventé par les malfrats.
