Environ trois (3) semaines après avoir retrouvé le corps mutilié du petit Romzmaël, sa famille réclame justice et réparations

Environ trois (3) semaines après avoir retrouvé le corps mutilié du petit Romzmaël, sa famille réclame justice et réparations

La ville de Jérémie, chef-lieu du département de la Grand’Anse, est encore sous le choc. Le 28 août 2025, le corps mutilé du jeune Azor Dave Romzmaël, âgé de neuf ans, a été retrouvé dans le quartier de Rochasse. L’enfant avait disparu quelques jours auparavant. Son corps, horriblement profané — les yeux, les pieds, la langue et le cœur arrachés —, a été découvert en partie dissimulé dans les environs.

Selon des témoignages recueillis auprès de riverains, deux hypothèses sont avancées : celle d’un trafic d’organes, ou celle d’un meurtre rituel à des fins de pratiques vodou. Si l’enquête n’a pas encore permis de trancher, le crime a profondément révolté la population jérémienne et suscité une onde d’indignation nationale.

Face à l’horreur, la famille du petit garçon appelle à une mobilisation des institutions de défense des droits humains, parmi lesquelles le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), la Fondasyon Je Klere (FJKL), l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) ainsi que les instances onusiennes de protection des droits humains. Elle réclame justice et réparations, mais surtout que la mémoire de Romzmaël ne sombre pas dans l’oubli ni dans l’impunité.

« Notre douleur est indicible, mais notre combat sera inlassable », a déclaré un membre de la famille, appelant la société civile haïtienne à s’unir pour protéger les enfants et briser le cycle de la violence.

L’enquête, menée par la Police nationale d’Haïti (PNH), a conduit à l’arrestation de plusieurs suspects : Kettia Cossy, présentée comme la principale instigatrice présumée, Nathan Pierre, ainsi qu’un houngan (praticien du vodou) soupçonné d’avoir participé aux faits.

Ces individus ont été auditionnés par le parquet de Jérémie et placés en détention préventive, en attendant l’ouverture formelle de l’instruction judiciaire. La population locale, encore marquée par la violence de ce crime, craint toutefois que la lenteur de la justice n’aboutisse à une dilution des responsabilités.

Le 12 septembre 2025, une cérémonie d’hommage a été organisée à l’Alliance française de Jérémie, rue Sténio Vincent, à l’instigation de l’Initiative départementale contre la traite et le trafic des enfants (IDETTE) et de la BPM. Des responsables locaux ont pris part à cet hommage silencieux, symbole d’une communauté meurtrie mais déterminée à réaffirmer le droit à la vie et à la dignité pour chaque enfant.

Né le 17 janvier 2016 à l’hôpital Saint-Antoine de Jérémie, Azor Dave Romzmaël s’apprêtait à entrer en quatrième année fondamentale à l’école EFACAP de la ville. Ses professeurs le décrivent comme un enfant « curieux, appliqué et toujours souriant ».

 

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