Haïti-Justice: L’École de la Magistrature sensibilise sur les agressions sexuelles

Haïti-Justice: L’École de la Magistrature sensibilise sur les agressions sexuelles

Port-au-Prince, le 9 juillet 2025.-

Les agressions sexuelles en Haïti sont considérées comme étant un problème grave et profondément enraciné, lié à des facteurs sociaux, culturels, économiques et institutionnels. Elles touchent surtout les femmes et les filles, souvent dans un contexte de discrimination systémique et d’impunité.

En dépit de certaines avancées législatives (comme le décret du 6 juillet 2005), la société haïtienne continue de refléter des formes diverses de discrimination à l’égard des femmes, à la fois dans les lois, les mentalités, et les institutions.

Perçu comme un phénomène alarmant, 20 ans plus tard, l’École de la Magistrature exprime sa plus vive préoccupation en dressant un bilan autour de la question.

“ Malgré les progrès législatifs, les défis restent nombreux, les violences sexuelles persistent, les victimes sont trop souvent oubliées” pour parodier le Directeur général de L’EMA.

Kesner Michel Thermézi prône une prise de conscience sociale et croissante portée par une mobilisation citoyenne pour arriver à un changement concret pour une meilleure protection des femmes, des filles et des hommes.

Me Kesner Michel Thermézi, Directeur Général de l’École de la Magistrature (EMA)

En Haïti, les violences sexuelles et les discriminations contre les femmes sont omniprésentes et multiformes. À cet égard, le Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF) lance une mobilisation collective. Intervenant au nom de la titulaire du MCFDF dont elle est la Cheffe de Cabinet, Marie Denise Claude a dit reconnaître l’ampleur du fléau qui a des effets dévastateurs sur les femmes.  

“ Nous ne voulons pas un décret symbolique, nous voulons un changement de système. Protéger les victimes à chaque étape : physiquement, psychologiquement et juridiquement” a-t-elle martelé.

Force est d’admettre que le rôle de la justice haïtienne dans les cas d’agressions sexuelles est crucial quand bien même ses réponses demeurent largement insuffisantes en raison de faiblesses institutionnelles, de lois inadaptées et d’une impunité généralisée.

Le représentant du Ministre de la Justice à l’événement, Me Bazelais Fallière a-de son côté-laissé entendre qu’après les trois (3) jours d’atelier, le MJSP (via les pôles judiciaires spécialisés) veillera à ce que le décret entre en harmonie avec le nouveau code pénal en vue de parvenir à la diminution systématique des violences sexuelles que subissent les femmes et les filles.

Haïti se trouve actuellement dans une situation difficile, où les crimes de sang et les violences sexuelles sont le lot quotidien des citoyens, spécialement les filles et les femmes. Qui plus est, celles- ci font face à des discriminations légales, sociales, économiques et culturelles persistantes.

Nonobstant le fait que le décret du 6 juillet 2005 visait à reclasser le viol comme crime contre la personne et non plus comme crime contre les mœurs, vingt ans plus tard, ses effets restent largement limités. Il est- par conséquent-crucial de renforcer les capacités locales, soutenir les réformes légales, et assurer la sécurité des femmes pour enfin mettre un frein à ce phénomène.

Samengie François

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