Laurent Saint-Cyr, nouveau Président : du mutisme à la volonté d’action affichée
Homme d’affaires ? Oui, c’est ce qu’on dit de lui. D’ailleurs, il est le représentant du secteur privé au Conseil présidentiel de transition (CPT). Ainsi, il jouit d’une certaine présomption d’ordre patronal. Homme d’action ? Le doute est permis, puisque son nom n’est apparu dans l’actualité que lors des tractations de ces deux dernières années, en vue de la formation du Haut conseil de la transition (HCT) d’Ariel Henry et de la dernière invention politicienne en date, le CPT à la présidence tournante.
Autant dire que le Peuple que Laurent Saint-Cyr dit vouloir servir, qu’il est appelé à servir de fait, ignore tout (ou presque tout) de ses actions passées qui auraient pu ‘’parler de lui et pour lui’’, jusqu’à la dissipation, peut-être, de toute forme de scepticisme à son égard.
Autre chose, à sa décharge. Peut-être que l’homme qui est devenu le quatrième président de la transition post-Ariel Henry a fait sienne la maxime du Cardinal de Richelieu selon laquelle : « Il faut écouter beaucoup et parler peu pour bien agir au gouvernement d’un Etat ». Attendons de le voir à l’œuvre…
Entre Laurent Saint-Cyr et le titre présidentiel, il semble exister une certaine histoire… qui se poursuit. En effet, il est à la fois un ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH), et également un ex-président de Chambre de commerce américaine en Haïti (AmCham).

Ce jeudi 7 août 2025, il a pris fonction comme Primus inter pares au Conseil présidentiel de transition (CPT), donc président, soit le quatrième en quinze (15) mois suite à la transition dirigée par le neurochirurgien bloqué ou gardé en terre étrangère depuis février 2024.
Bien avant, l’entrepreneur a occupé des fonctions stratégiques à l’Alternative Insurance Company (AIC), dont il était le Directeur exécutif et membre du Conseil d’Administration avant de faire le saut dans la politique. Diplômé en administration des affaires, LS-C a une expérience en planification stratégique approfondie et gestion des coûts. Il entretient des liens, dit-on, avec l’ensemble des industries dans le secteur privé haïtien.
Peu d’informations existent pour l’instant quant à la vie privée de celui qui détient les rênes du Conseil présidentiel de transition, dont le bilan est synonyme de ‘catastrophe’ au regard de la mission qui lui a été assignée, à savoir : lutter contre l’insécurité, relancer l’économie, organiser le référendum en vue du changement de la Constitution, tenir les élections générales.

Tout ce que l’on sait, c’est qu’au Haut conseil de la transition (HCT) installé le 6 févier 2023, Laurent Saint-Cyr a connu, aux côtés de Mirlande Manigat et de Ricardo Fleuridor, son premier échec politique. Du moins, ce qui était plutôt visible ou d’actualité. Ayant intégré le Conseil présidentiel de transition à la faveur du départ forcé du Premier ministre Ariel Henry, le représentant du secteur patronal au CPT était jusqu’ici le plus effacé des Conseillers-présidents.
Toujours en mission à l’étranger, rarement en Haïti, LS-C a rejoint Yale, en mai 2025, « pour renforcer ses compétences en médiation et contribuer aux efforts mondiaux de consolidation de la paix ». « Laurent est le premier de nos Peace Fellows, et nous n’aurions pas pu espérer une meilleure personne avec qui inaugurer ce programme », a déclaré Rob Malley, directeur fondateur du Peace Hub de l’ILC. Il a souligné que ce programme réunira des médiateurs, négociateurs et militants pour la paix du monde entier, bénéficiant des ressources exceptionnelles de Yale pour affiner leurs compétences et partager leur expérience.
Il n’est visiblement pas un homme qui aime trop parler. C’est du moins ce qu’il donne à voir. Mais, à son investiture ce jeudi 7 août 2025, le successeur de Fritz Alphonse Jean n’est pas passé par quatre chemins pour s’en prendre frontalement aux gangs armés. Dans un discours prononcé intégralement en créole, le représentant du secteur privé au CPT, droit dans ses bottes, a déclaré : « Nous devons combattre ces groupes criminels sans relâche, jusque dans leurs derniers retranchements… ! ».

En tout cas, avant lui, l’Economiste avait un ‘budget de guerre’. Avant l’Economiste, l’Architecte promettait de libérer au moins un axe routier contrôlé par les bandits armés. Avant l’Architecte, l’Ingénieur faisait de la lutte contre l’insécurité sa priorité. S’agit-il d’un concours de fausses promesses ? Laurent Saint-Cyr n’a que cinq (5) mois pour sortir du lot. Le compte à rebours a déjà commencé…
