SAPMAH : Un pas décisif franchi à Fonfrède pour anticiper les risques et sauver des vies
Fonfrède, Sud d’Haïti, le 14 mars 2025.-
Après plus d’une année de préparation rigoureuse, marquée par des analyses complexes et les contraintes imposées par la crise sécuritaire, la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) a franchi une étape décisive en organisant, vendredi (14 mars 2025), l’Atelier Régional de Consultation sur le Service d’Alerte Précoce Multi-Aléa en Haïti (SAPMAH). La rencontre s’est tenue dans les locaux du Centre d’Opérations d’Urgence Départemental (COUD) de Fonfrède, non loin de la ville des Cayes.
Malgré un climat social et sécuritaire tendu, l’événement a rassemblé un large éventail d’acteurs engagés dans la gestion des risques et des désastres. Étaient présents des représentants de la Banque Mondiale, les directeurs départementaux de la Protection Civile, des membres du Secrétariat Permanent de Gestion des Risques et des Désastres (SPGRD), les Comités Départementaux de Gestion des Risques et des Désastres (CDGRD), ainsi que des cadres de la DGPC et de l’Unité de Coordination de Projets du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (UCP/MICT). Une mobilisation qui témoigne de la volonté collective de doter Haïti d’un outil d’alerte précoce performant, capable de répondre efficacement aux aléas naturels.
Les échanges ont été guidés par quatre objectifs fondamentaux : présenter les progrès réalisés dans le développement du SAPMAH, dialoguer sur les mécanismes d’adaptation du système aux spécificités locales, renforcer les outils de réponse départementaux et engager un véritable processus d’appropriation par les autorités locales et les communautés à risque. Cet atelier, à la fois technique et participatif, s’inscrit dans une vision de renforcement durable de la résilience des populations exposées.
Dans son discours d’ouverture, le Directeur Général de la DGPC, Emmanuel Pierre, a lancé un vibrant appel à l’action collective. Il a dressé un constat sans appel sur la vulnérabilité du pays face aux dérèglements climatiques et aux catastrophes naturelles. « La réalité du changement climatique et la recrudescence des catastrophes nous imposent une vigilance accrue et une synergie d’actions coordonnées.

“Les tragédies vécues dans les départements du Sud et de la Grand’Anse lors du passage de l’ouragan Matthew en 2016, les inondations à répétition, sont autant de blessures encore ouvertes qui nous rappellent notre devoir de protéger chaque vie, chaque communauté”, a-t-il déclaré.
M. Pierre a souligné que le SAPMAH est conçu comme un dispositif structuré autour de quatre piliers essentiels : la connaissance approfondie des risques, la détection et la surveillance des aléas, la diffusion rapide et ciblée des messages d’alerte, ainsi que la préparation et la réponse coordonnées. Ce système, a-t-il affirmé, permettra à la DGPC, en partenariat avec l’Unité Hydrométéorologique d’Haïti (UHM) et d’autres institutions techniques, d’assurer une veille efficace sur les phénomènes climatiques, de renforcer les capacités de réponse sur le terrain et d’améliorer la coordination interinstitutionnelle.
« Une meilleure anticipation et une réponse rapide peuvent sauver des vies et limiter considérablement les pertes matérielles », a-t-il martelé.
Prenant la parole à son tour, Mme Narraya Carrasco, responsable du Projet de Gestion et de Résilience aux Aléas Climatiques (PGRAC) à la Banque Mondiale, a salué le courage et la détermination des participants, venus de tous les départements du pays. Elle a insisté sur la portée stratégique de cet atelier : « Cette session est cruciale pour évaluer les protocoles existants, les enrichir des recommandations des acteurs locaux et aboutir à un système d’alerte précoce pleinement opérationnel, capable de sauver des vies, notamment lors des prochaines saisons cycloniques ».
Mme Carrasco a réaffirmé l’engagement de la Banque Mondiale aux côtés de la DGPC et de l’UHM pour finaliser un cadre technique solide, intégrant les réalités de terrain. Elle a évoqué l’importance de voir ce dispositif s’étendre à tout le territoire, en s’assurant qu’il soit compris, approprié et activement utilisé par toutes les structures locales de gestion des risques.
La dynamique enclenchée à Fonfrède est appelée à se poursuivre. Dès le lundi 17 mars 2025, une nouvelle session est prévue au Cap-Haïtien afin de consolider cette démarche consultative à l’échelle nationale. À travers le SAPMAH, Haïti se dote d’un outil stratégique qui lui permettra de mieux anticiper les catastrophes naturelles, d’accroître la préparation de ses communautés vulnérables et de renforcer la protection des vies et des biens à travers tout le pays.
