Haïti: l’impuissance manifeste des forces de l’ordre face aux démonstrations des gangs

Haïti: l’impuissance manifeste des forces de l’ordre face aux démonstrations des gangs

Port-au-Prince, le 24 mars 2026.-

Entre des contingents kényans qui laissent progressivement le pays sans avoir accompli la mission qui leur a été confiée, une force de répression des gangs qui peine à se mettre en place et des entités nationales qui paraissent limitées dans leur approche, les bandits continuent de mettre à mal toute tentative de « reprise en main » de la sécurité territoriale. Du moins, à ce jour…

Les incursions à répétition dans des zones ciblées, les cas récurrents d’enlèvements contre rançon notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, les postes de péages replacés après chaque intervention policière, sont autant de signes visibles qui traduisent la défiance des gangsters en ce qui concerne les efforts visant le rétablissement de l’ordre.

Cette brutale réalité marquée quasi-quotidiennement par des cas de vols, de viols et d’autres types d’exactions ou atrocités infligées par les malfrats aux membres de la population dans ce climat de terreur, contraste avec les communiqués et notes de presse qui tendent à faire croire à une certaine normalité.

En dessous du vernis de la propagande officielle entourant chaque opération, des âmes sont arrachées à leurs proches, des citoyens se font extorquer rien que pour avoir le droit de circuler d’un point à l’autre du territoire, des familles remuent ciel et terre pour trouver de quoi payer en échange de la libération d’un de leur membre enlevé en plein jour, le plus souvent au vu et au su de tout le monde.

Les gangs ne font montre d’aucune retenue dans leur offensive teintée d’insolence vis-à-vis des autorités visiblement ridiculisées en dépit du renforcement de l’arsenal des forces de l’ordre ces derniers temps. Même avec des véhicules blindés additionnels, des drones kamikazes et d’autres équipements intégrés à la logistique de la Police nationale, aucune action d’éclat n’a été menée jusqu’ici dans un fief de Caïd de la capitale, dans l’Artibonite ou le Bas-plateau Central.

​Plus les messages étatiques font allusion à des interventions réussies, conduisant parfois à la mort de quelques malfrats, plus les groupes criminels continuent leurs manœuvres habituelles sur le terrain, faisant ainsi voler en éclats l’illusion d’une progression vers leurs bases.

​Dit autrement, les terroristes de la coalition « Viv ansanm » multiplient les pieds de nez sécuritaires aux autorités à travers des démonstrations de force, gardant ainsi intacte leur emprise sur les espaces conquis.

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