Deux mois dans l’enfer: James Boyard, sa fille… et le silence assourdissant du pays!
Environ deux mois… Deux mois de trop!
Deux mois que le professeur James Boyard et sa fille sont encore aux mains des ravisseurs.
Deux mois de peur, d’attente, d’humiliation et d’incertitude.
Et le pays se tait.
C’est peut-être cela, aujourd’hui, le plus grave : non seulement l’industrie du kidnapping continue de broyer des vies, mais nous semblons avoir appris à vivre avec l’inacceptable.
Un enlèvement chasse l’autre. Une victime remplace la précédente dans les conversations. Une famille pleure pendant que le reste du pays poursuit sa journée.
Puis vient le silence.
Le kidnapping n’est plus un accident. C’est devenu une industrie avec ses réseaux, ses intermédiaires, ses tarifs, ses territoires et ses méthodes. Une industrie qui produit de la peur, ruine des familles et prospère sur l’affaiblissement de l’État.
Mme Boyard a retrouvé la liberté, et nous nous en sommes réjouis. Mais James Boyard et sa fille demeurent captifs.
Alors, où est le pays ?
Où sont nos universités ? Nos organisations professionnelles ? Nos églises ? Nos associations de défense des droits humains ? Nos dirigeants ?
Où sont toutes ces voix si promptes à s’élever lorsqu’il est question de pouvoir, de postes, d’élections ou d’intérêts particuliers ?
La liberté de James Boyard et de sa fille ne mérite-t-elle pas une clameur nationale ?
Nous sommes en train de normaliser l’horreur. Voilà le vrai danger.
La sécurité n’est pourtant pas une faveur que l’État accorde. C’est son obligation première : protéger, rechercher, poursuivre, libérer, arrêter, juger.
Deux mois, c’est trop.
Une seule journée aurait déjà été trop.
James Boyard n’est pas une statistique. Sa fille non plus. Ce sont deux vies suspendues, une famille déchirée, et à travers eux, le symbole de centaines d’autres victimes oubliées trop vite.
Il faut donc continuer à dire leurs noms.
James Boyard.
Sa fille.
Jusqu’à leur libération.
Car face au kidnapping, il arrive un moment où se taire n’est plus de la prudence.
Se taire devient une faute.
Yves Lafortune, Brickell, le 2 Août 2026
