La Génération Z face aux urnes: le premier vote d’une jeunesse en quête d’avenir
Ils sont nés entre 1998 et 2008, on les appelle la génération Z. Pour beaucoup d’entre eux le mot élection est un concept qui relève du « ouï-dire », entendu dans les grands débats politiques ou dans les livres d’histoire. Le fait est que, pour cette génération, le bruit des urnes et la ferveur des campagnes électorales appartiennent à un monde inconnu. En plus de 10 ans, aucun scrutin n’a rythmé leur vie d’adulte.
Le conseil électoral provisoire (CEP) a fixé au 13 décembre 2026 le premier tour du grand rendez-vous électoral. Une occasion à saisir pour plusieurs milliers de jeunes qui s’apprêtent à accomplir un geste inédit : Voter. Entre le phénomène de l’insécurité, les déplacements rendus dangereux par les bandes armées et le devoir citoyen, quel est l’état d’esprit qui prédomine chez ces nouveaux électeurs à l’idée de voter pour la première fois ?
C’est à cette question que s’intéresse ce travail dont l’objectif est d’explorer l’intellection et la psychologie des électeurs novices.
Le baptême démocratique de la génération Z
Une part considérable de la jeunesse née à l’aube des années 2000 n’a presque pas de souvenirs en rapport au déroulement d’une journée de vote. Contrairement aux plus anciens qui ont déjà pris part aux élections combinées (présidentielles, législatives, municipales), ces jeunes n’avaient pas l’âge requis pour remplir ce devoir civique.
L’engouement de cette catégorie de la population est évident comme on peut le constater à travers plusieurs centres d’inscription et de vote (CIV) de la région métropolitaine de Port-au-Prince, en particulier. Dans la perspective des prochaines élections programmées pour le 13 décembre, ils sont pour la plupart dans la tranche 18-25 ans à se faire enregistrer sur les registres électoraux.
Pour Jonathan Nelson, jeune activiste politique et étudiant à l’université d’État d’Haïti (UEH), cette expérience marquera le début de son engagement dans les affaires politiques du pays « La situation politique haïtienne devrait préoccuper chaque jeune. Quant à moi, pour cette première expérience, je suis déjà enthousiaste à l’idée de faire entendre ma voix » a-t-il affirmé.
Revendication et préoccupation de cette génération
La génération z jouit de plusieurs privilèges. L’avènement des technologies de l’information et de la communication (TIC) favorise une hyper-connexion entre les jeunes. Ils sont au courant du fonctionnement et du niveau d’engagement de certains jeunes dans d’autres pays.
Les revendications et préoccupations sont claires : établissement d’un climat de sécurité et opportunités de travail sont, entre autres, les enjeux et les désidératas des jeunes haïtiens de la génération Z, si l’on en croit le témoignage de Rose Cherley Stania. Pour cette jeune femme de 26 ans, nous devons faire front commun derrière un jeune avisé pour redresser la barre.
Entre la peur et l’excitation citoyenne
Pour ces milliers de jeunes nouveaux électeurs, l’insécurité et la crise politique provoquent un sentiment d’inquiétude et de rejet du système. Parallèlement, ils éprouvent une excitation immense : « celle de se sentir enfin citoyen.
Tout bien considéré, ce premier vote a un relent d’ultimatum lancé à la classe politique haïtienne traditionnelle. Cette nouvelle génération d’électeurs ne voit pas dans les élections générales prévues un simple rendez-vous politique, mais surtout c’est un test pour leur avenir. Une question fondamentale s’impose alors : les concurrents aux prochaines compétitions électorales sauront-ils écouter et apporter des éléments de réponse aux aspirations de cette génération en quête de résultats concrets ?
Clervens CASSEUS
