Saint-Charles 2026: la cité de l’Indépendance se prépare aux festivités patronales
Du 29 octobre au 4 novembre, la ville des Gonaïves vibrera au rythme de la Saint-Charles Borromée. La mairie a dévoilé un programme riche en activités culturelles, musicales, artisanales, sportives et religieuses. Une célébration qui entend mettre en valeur le patrimoine local et renforcer la fierté des Gonaïviens.
La cité de l’Indépendance s’apprête à célébrer, le mercredi 4 novembre 2026, la fête de Saint-Charles Borromée, saint patron de la ville. À cette occasion, la mairie des Gonaïves a dévoilé le programme des festivités patronales, prévues du 29 octobre au 4 novembre.
Activités culturelles, animations musicales, exposition artisanale, rencontres de réflexion et célébrations religieuses figurent au calendrier de cette édition, qui ambitionne de rassembler les différents secteurs de la communauté autour d’un patrimoine commun.
Selon le programme publié par la municipalité, les festivités s’étendront sur plusieurs jours et mobiliseront différents acteurs de la vie locale.
Un programme riche et diversifié
Les activités débuteront ce jeudi 29 octobre avec une réception de la Jeune Chambre internationale (JCI), prévue à l’hôtel de ville des Gonaïves à partir de 17 heures.
Le vendredi 30 octobre, la municipalité organisera une journée portes ouvertes à l’hôtel de ville, de 9 heures à 14 heures. Une activité intitulée « Gonayiv Ann Pedale » est également programmée devant le parc Vincent à partir de 16 heures. Cette initiative vise à rassembler la population autour d’une sortie à vélo.

Le dimanche 1er novembre, les festivités se poursuivront avec un défilé de ”Gédé” accompagné d’un festival devant le cimetière, de 8 heures à 17 heures. Une exposition artisanale se tiendra également au Mémorial de l’Indépendance, de 10 heures à 20 heures, afin de mettre en valeur les créations et les savoir-faire des artisans locaux.
Par ailleurs, l’activité « Ti moun yo nan St Charles » se déroulera les dimanche 1er et lundi 2 novembre sur la place d’Armes des Gonaïves, de 10 heures à 18 heures. Cette initiative s’inscrit dans le cadre des animations destinées aux enfants.
Le lundi 2 novembre, une journée de réflexion suivie d’une conférence-débat est prévue à l’Alliance française. Cette rencontre réunira plusieurs personnalités autour de la question de l’héritage historique des Gonaïves et de sa valorisation.
Les panélistes annoncés sont l’ingénieur Ravel Norgaisse, la bâtonnière Youdeline Chérizard Joseph et l’économiste Etzer Émile.
Les festivités se poursuivront le mardi 3 novembre avec un festival de musique organisé devant l’établissement de Madame Colo, à partir de 19 heures. La finale du tournoi interzone Borromée Cup est également prévue dans le cadre de cette journée.
Enfin, le mercredi 4 novembre, jour de la Saint-Charles Borromée, sera marqué par une messe suivie d’un dîner officiel réunissant les responsables de l’Église. Un dîner destiné aux employés de la mairie est également inscrit au calendrier, à l’hôtel de ville.
Marckenson Pierre Louis : « Faire de la Saint-Charles une vraie fête de la ville »
Dans un entretien accordé à la rédaction du journal Reality Times, Marckenson Pierre Louis, directeur des Affaires culturelles de la mairie des Gonaïves, a présenté la vision de la municipalité pour cette édition 2026. Il entend faire de la Saint-Charles une véritable fête populaire, placée sous le signe du rassemblement, de la valorisation du patrimoine et de la fierté gonaïvienne.
« Notre vision est simple : faire de la Saint-Charles une vraie fête de la ville, une fête qui rassemble tout le monde. Gonaïves, c’est la ville de l’Indépendance, et nous voulons que chacun le ressente pendant ces journées », a-t-il déclaré.
Parmi les principales activités annoncées figure le tournoi interzone Borromée Cup, qui réunit les huit zones de la ville et dont la finale est prévue le 3 novembre. Le directeur des Affaires culturelles a également mis en avant « Gonayiv Ann Pedale », une sortie à vélo destinée à rassembler la population.
Le 1er novembre, les activités débuteront par le nettoyage et la peinture du cimetière, avant le défilé et le festival Gédé, ainsi que l’exposition artisanale.

Le lendemain, une journée de réflexion sera organisée autour du thème : « Gonaïves, berceau de l’Indépendance : comment transformer notre héritage historique en fierté collective ? » La conférence-débat se tiendra à l’Alliance française à partir de 14 heures, avec la participation de l’ingénieur Ravel Norgaisse, de la bâtonnière Youdeline Chérizard Joseph, Ph.D., et de l’économiste Etzer Émile.
Le 3 novembre sera consacré au grand festival de musique, tandis que les festivités prendront fin le 4 novembre avec la messe et les activités officielles.
La culture locale au cœur des festivités
La valorisation des artistes et des artisans locaux constitue également une priorité pour la Direction des Affaires culturelles. Marckenson Pierre Louis estime que les talents gonaïviens méritent une plus grande reconnaissance et une meilleure visibilité.
« C’est l’une de nos priorités. Nous avons ici des artistes et des artisans qui n’ont rien à envier à personne », a-t-il souligné.
Il a précisé que, durant le festival, les groupes musicaux et les DJ de la ville partageront la scène avec des formations reconnues comme Boukman Eksperyans et Septentrional, devant le même public.
L’exposition artisanale du 1er novembre offrira aux artisans un espace dédié à la présentation de leurs créations et de leurs savoir-faire. Le tournoi Borromée Cup permettra également aux différents quartiers de faire valoir leurs talents sportifs.
La jeunesse et le patrimoine au centre des préoccupations
Pour le directeur des Affaires culturelles, cette célébration doit avant tout permettre aux jeunes de renforcer leur sentiment d’appartenance à la ville et de mieux connaître leur histoire.
« Ce que nous espérons avant tout, c’est que les jeunes repartent avec de la fierté : fierté d’être Gonaïviens, fierté de leur histoire », a-t-il affirmé.
C’est dans cette perspective que la conférence-débat s’adresse notamment aux élèves et aux étudiants, tandis que l’activité « Ti moun yo nan St Charles » est destinée aux enfants.
Marckenson Pierre Louis souhaite également que le vodou, le Gédé, l’artisanat et la musique locale soient davantage reconnus comme des composantes essentielles du patrimoine gonaïvien.
Sur le plan social, il considère que le rassemblement de la population dans la paix et la bonne humeur constitue déjà une réussite pour la ville.
Un appel à la participation de la population
À l’approche des festivités, le directeur des Affaires culturelles a tenu à remercier le Conseil municipal, le comité d’organisation et l’ensemble des partenaires ayant contribué à la préparation de cette édition.
Depuis sa prise de fonction à la tête de la Direction des Affaires culturelles, son objectif demeure de remettre la culture au cœur de la vie des Gonaïves.
« Cette Saint-Charles, nous l’avons préparée pendant des semaines, avec les groupes vodou, les artisans, les artistes, les sportifs et les jeunes de chaque quartier », a-t-il expliqué.
Pour lui, la culture dépasse le simple cadre du divertissement. Elle représente l’identité, la fierté collective et une opportunité pour la jeunesse.
Il a également insisté sur la volonté de maintenir une Direction culturelle proche de la population, à l’écoute de ses besoins et engagée dans le développement culturel de la ville.

S’adressant aux Gonaïviens, Marckenson Pierre Louis a lancé un appel à la participation :
« Aux Gonaïviens, je dis : cette fête, c’est la vôtre. Venez en famille, dans le respect et la discipline. Les dispositions de sécurité sont prises. Venez soutenir vos artistes, vos équipes et vos artisans. Montrons ensemble que Gonaïves est vivante. Bonne fête de la Saint-Charles à tous ! »
Une occasion de valoriser les traditions locales
À travers ce programme diversifié, la municipalité entend mettre à l’honneur plusieurs dimensions de la vie communautaire, notamment la culture, la musique, l’artisanat, la réflexion et les traditions religieuses.
Au-delà de son caractère religieux, la fête patronale constitue une occasion de renforcer les liens entre les habitants et de valoriser le patrimoine culturel des Gonaïves, ville historiquement associée à la proclamation de l’indépendance d’Haïti.
La participation de la population et des différents secteurs de la communauté contribuera au déroulement des activités annoncées.
En mettant la culture et la jeunesse au centre de cette célébration, la mairie des Gonaïves souhaite faire de la Saint-Charles 2026 un moment de rassemblement, de fierté collective et de valorisation de l’identité gonaïvienne.
Les festivités se poursuivront jusqu’au mercredi 4 novembre, conformément au calendrier annoncé par la municipalité.
Carlos Père Valdano SYLVEUS
Journaliste/ PHOTOGRAPHE
