Infrastructures sportives: combien coûterait aujourd’hui un stade moderne en Haïti?
L’annonce de deux nouveaux stades modernes relance le débat sur l’avenir des infrastructures sportives en Haïti. Mais entre les ambitions exprimées, les coûts de construction et les attentes des citoyens haïtiens, plusieurs questions restent sans réponse. Pour nombreux haïtiens, voir les Grenadiers évoluer à domicile reste un souhait difficile à réaliser. En raison de l’insécurité et de la situation du principal stade du pays, contrôlé par des gangs armés, la sélection nationale est privée de la possibilité de disputer ses rencontres internationales devant son public en Haïti.
Cette situation soulève une question essentielle : combien le pays devrait-il investir pour disposer d’infrastructures sportives modernes et adaptées aux exigences du football international ?
Le ministre des Sports, Dumas Pythagore, a récemment annoncé la construction de deux stades modernes au nord et au sud du pays. Si cette annonce suscite des espoirs, les autorités n’ont pas encore précisé le coût global des projets, les sources de financement ni les échéances prévues pour leur réalisation.
Il sera question de millions
Les expériences d’autres pays de la région permettent de mesurer l’ampleur des investissements nécessaires. Au Costa Rica, un projet d’infrastructure sportive destiné à accueillir 24 000 spectateurs a été évalué à environ 30 millions de dollars. Le Sir Vivian Richards Stadium, un stade ultra-moderne qui se trouve à Antigua-et-Barbuda est un stade cricket, il a une capacité comprise entre 10 000 et 20 000 places et son coût a avoisiné 60 000 000 de dollars. Notons, qu’il a été construit en 2007. D’autres part, le National stadium de la Jamaïque est un stade moderne. Il a une capacité de 35 à 40 mille places et son coût oscille entre 76 millions et 100 millions de dollars américains.
Ces chiffres illustrent les écarts possibles entre les projets. La capacité d’accueil, les équipements, les installations annexes et les caractéristiques techniques influencent directement le coût final d’un stade.
Toutefois, ces exemples ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer le budget nécessaire aux infrastructures annoncées en Haïti. Une estimation précise devra notamment tenir compte des études techniques, du choix des équipements et des conditions de construction sur les sites retenus.
Les citoyens prêts à participer
Au-delà des annonces officielles, le projet suscite également un intérêt au sein de la population. Certains citoyens se disent prêts à apporter une contribution financière à la construction d’un stade national. Leur démarche traduit le désir de participer à un projet qui pourrait redonner aux supporters un lieu où se rassembler pour encourager leur équipe.
Pour d’autres, l’enjeu dépasse la seule construction d’une infrastructure sportive. Ils souhaitent surtout que les Grenadiers puissent retrouver leur public et défendre les couleurs nationales sur le sol haïtien, sans devoir accueillir leurs rencontres dans d’autres pays de la région.
La construction de deux stades modernes pourrait représenter une avancée importante pour le football haïtien. Mais elle ne suffira pas à elle seule à garantir le retour des matchs internationaux en Haïti. Les conditions de sécurité, la gestion des infrastructures et leur conformité aux exigences du football international resteront également déterminantes.
Pour les citoyens, l’objectif est clair : retrouver les Grenadiers à domicile et pouvoir les encourager dans leur propre pays. Reste à savoir quand les annonces officielles se transformeront en chantiers concrets, puis en stades capables d’accueillir la sélection nationale.
Clervens CASSEUS
