Au pays des crises et des désaccords, d’où viendra la solution ?

Au pays des crises et des désaccords, d’où viendra la solution ?

La complexité non maitrisée ou négligée de la crise globale que vit le pays depuis plus d’une trentaine d’années nous emmène dans cette galère : un déferlement de la violence, une insécurité épouvantable qui détruit les fondements de la nation. L’économie est coincée dans l’engrenage de trois ans de stagnation, et avec le démarrage mou du premier trimestre de l’exercice en cours, il serait difficile d’éviter une quatrième année sans croissance du Produit Intérieur Brut (PIB).

Désormais le spectre de la dépression guette le pays à la barbe des décideurs et des politiciens qui cherchent à accorder des accords mort-nés ou à synthétiser des accords asymétriques.

Les plus pessimistes vont dire que la solution n’est pas pour demain. Cependant, avons-nous procédé de la meilleure manière pour aboutir à une solution rêvée par les fils d’Haïti ?

Pas besoin d’être médecin pour comprendre la démarche scientifique en vue de traiter une maladie (on évite surtout ici de parler de guérison). Par une démarche précise (dialogue, examen clinique, écoute, biométrie, etc.) le praticien diagnostique avant d’identifier la situation et aboutir à une décision négociée, prodiguer des conseils, proposer un traitement ou une hospitalisation éventuelle, selon le cas.

Dans le cas de la crise haïtienne, un état des lieux, un diagnostic des plus poussés s’avèrent nécessaires en considérant le pourrissement de la situation qui persiste depuis des décennies. Les antécédents comme en médecine valent leur pesant d’or et influencent le résultat final.

On assiste à un afflux d’accords, de propositions de sortie de crise, les uns plus superficiels que les autres. Comme la politique haïtienne est caractérisée par la loi de la jungle, ceux qui ont les meilleurs alliés ici et ailleurs finissent toujours par s’imposer sur la scène.

Ce qui explique que maintenant il ne subsiste réellement que deux accords sur la table de négociations, même si parallèlement d’autres propositions naissent, s’effritent ou tentent de résister dans l’espoir d’un raccommodement. Les tenants de l’accord de la primature ont l’avantage de tenir les cordons de la bourse. Ils sont au timon des affaires.

De l’autre, les supporteurs de l’accord de Montana tirent le diable par la queue en plaçant des pions ici et là. Entre les deux, des pays dits « amis » d’Haïti et les décideurs de l’ombre tirent les ficelles pour dresser un camp contre l’autre. Ils feignent de vouloir aider un pays qui risque chaque jour davantage une implosion sociale.

Ceux qui mènent la danse sont de fins manœuvriers. Ils ont la maitrise du terrain pour avoir pratiqué dans le temps les acteurs de tous bords. Qu’ils soient de la ‘’société civile’’, de la classe politique ou d’autres groupements-regroupements du pays, ces éléments ont le malheur de ne pas pouvoir miser sur leurs propres forces mais sur les caprices, l’humeur du blanc. Ce Blanc qui doit donner l’onction à x ou y en fonction de ses intérêts et non en prenant en compte le bien de la collectivité.

Agissant à visière levée ou parfois à travers des agents déguisés en défenseurs de notre cause, ce parent multiplie les initiatives à la recherche d’une issue qui aurait été trouvée il y a longtemps avec un peu de sincérité s’il n’y avait pas ce souci constant d’antagonisme entre les pantins manipulés par le même marionnettiste.

Sans mettre le projecteur sur accord en particulier, il serait préférable avant la formation récemment du nouveau gouvernement de laisser une porte ouverte pour fusionner ou trouver une solution à l’haïtienne à la crise.  Maintenant que les « serviteurs » ont déjà partagé ce qui reste de l’insignifiant gâteau (désormais on Ponmkèt), nous sommes contraints de recommencer ou un passage en force de ceux qui détiennent le vrai pouvoir. D’où une nouvelle forme de la crise des crises qui se profile déjà à l’horizon.

Même si les acteurs sur le terrain ont fait montre d’une absence de patriotisme, ils savent que la formule d’ignorer tout consensus large sera catastrophique pour le pays.

Il est impératif de comprendre surtout que toute perte de temps est de nature à renforcer la puissance des gangs armés qui terrorisent la population, à repousser la date d’organisation d’élections crédibles et donner une avance aux dilapidateurs de fonds qui vont faire main basse sur toute mascarade de scrutins.

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