Etzer Émile, l’économiste qui veut redessiner le modèle haïtien

Etzer Émile, l’économiste qui veut redessiner le modèle haïtien

Économiste reconnu, professeur d’université et entrepreneur originaire du Sud, Etzer Émile vient de franchir un cap décisif en officialisant sa candidature à la présidence d’Haïti sous la bannière du “Gwoupman Solèy”.

Portrait d’un homme de chiffres qui entend rompre avec les anciennes pratiques politiques pour bâtir un « État sérieux ».

« Ce n’est pas le camion le problème. C’est le modèle de chauffeur qu’il faut changer. » C’est par cette formule imagée qu’Etzer Émile résume l’ambition qui l’anime au moment d’entrer officiellement dans la course à la magistrature suprême d’Haïti. Dans la soirée du 31 octobre 2026, à travers une déclaration vidéo et un communiqué officiel, l’économiste de 41 ans a dévoilé un projet axé autour de trois piliers fondamentaux : la sécurité, le travail et la justice sociale.

Originaire de Cavaillon, dans le département du Sud, Etzer Émile s’est d’abord fait un nom en Haïti par sa rigueur académique et son sens de la vulgarisation économique. Marié et père de deux enfants, il combine depuis des années plusieurs casquettes : celle d’enseignant universitaire, d’auteur et d’accompagnateur de projets communautaires à travers le pays.

Ses travaux, largement axés sur l’entrepreneuriat, la création de richesses et l’inclusion financière, témoignent d’une volonté constante de rendre les mécanismes de l’économie accessibles au plus grand nombre.

Face à l’insécurité chronique qui paralyse le pays, Etzer Émile place le retour à l’ordre public au sommet de ses priorités. Son plan prévoit un renforcement des institutions judiciaires et sécuritaires, une lutte frontalière accrue contre le trafic d’armes, et une modernisation des services de renseignement. Il considère la sécurité non pas comme une fin en soi, mais comme le préalable indispensable à la relance économique, à la réouverture sereine des écoles et au retour de la confiance des investisseurs.

Sur le plan de la gouvernance, le candidat de Gwoupman Solèy promet un grand coup de balai. Il prône la fin des recrutements de complaisance au sein de la fonction publique, une transparence totale dans la divulgation des dépenses étatiques, et une simplification radicale des lourdeurs bureaucratiques qui étouffent l’initiative privée.

Son programme économique cible des réformes fiscales majeures pour attirer les capitaux, tout en misant sur des secteurs d’avenir tels que l’agriculture moderne, l’écotourisme et la transition vers les énergies renouvelables (solaire et éolien).

 Etzer Émile met en avant une approche pragmatique et inclusive qu’il décline en quatre temps : « écouter pour comprendre, comprendre pour décider, décider pour agir, agir pour transformer ».

Cette justice sociale qu’il appelle de ses vœux passe, selon lui, par un traitement égalitaire de tous les citoyens, une intégration active des populations provinciales, l’inclusion des personnes en situation de handicap, ainsi qu’une place de choix accordée à la diaspora haïtienne, qu’il considère comme un acteur clé du relèvement national.

Alors que la scène politique haïtienne s’apprête à vivre des mois décisifs, l’entrée en lice de cet économiste-entrepreneur apporte une voix résolument technique et programmatique dans le débat public. Reste désormais à savoir si sa méthode saura convaincre les électeurs au-delà des cercles académiques et économiques.

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