Pour éviter une crise électorale au pays, l’Opposition progressiste adresse un manifeste en six (6) points au gouvernement Fils-Aimé
Soupçonnant le secteur patronal de vouloir faire main basse sur les prochaines élections avec la complicité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, plusieurs regroupements politiques réunis au sein d’une plateforme dénommée opposition progressiste prennent à témoin les médias, la société civile et l’opinion publique.
Dénonciations, mise en garde, recadrage, appel au dialogue, tout est pris en compte dans la démarche de cette coalition en date du 11 juin 2026. Grand bloc du peuple, consensus politique, initiative patriotique, opposition plurielle, Accord Montana et Debout citoyen partent du constat selon lequel le pouvoir exécutif est au service exclusif des patrons. Le front commun en veut pour preuve : « la récente prise de position des associations patronales, qui se sont empressées de féliciter la publication du décret électoral ».
Quand bien même cette initiative n’est pas surprenante, elle demeure révélatrice d’une chose et pas des moindres, c’est qu’elle : « confirme l’existence d’un plan machiavélique visant à verrouiller l’avenir démocratique de notre nation », préviennent les forces de l’opposition progressiste.
Les entités politiques se montrent encore plus scandalisés par l’adhésion des patrons pour que le conseil des ministres reste en place au-delà de la période de 120 jours prévue par la loi mère.
S’agissant de la tentative de hold-up électoral suspectée à travers la commandite de la rédaction d’un décret électoral sur mesure, l’opposition progressiste y voit une manœuvre des nantis de : « pérenniser leur contrôle sur les institutions ».
Exhortant les patrons à rompre aux pratiques archaïques de prédation et de travailler à réduire l’exclusion sociale étouffante dans le pays, la plateforme des six rejette toute idée d’une “capture de l’État” par des cartels économiques qui asphyxient le bien commun au profit de gains privés.
Pour justifier sa mise en garde, la coalition rappelle les observations produites par la Société du Rhum Barbancourt en réaction à l’acte de contrition du 8 décembre 2022.
Parlant d’une seule voix contre la « connivence » entre pouvoir en place et le secteur des affaires, les signataires de la charte du 11 juin 2026(Anibal Coffy, Dieuseul Simon Desras, Jonas Coffy, Stevens Grégor Gabriel,Saint-Armant Délissaint,Jeantel Joseph,Deslon Cius,Francisco Alcid et Lucmane Delile) alertent mais ne ferment pas la porte aux discussions.

D’ailleurs, ils laissent deux options à l’exécutif en vue du redressement national, à savoir le dialogue ou le combat précisant que : « si la voie de la sagesse est rejetée, l’opposition est tout aussi prête à mener de grandes batailles, main dans la main avec la population haïtienne, pour libérer et construire notre pays, et instaurer un véritable État de droit ».
