20 septembre: un jour terne de plus pour l’Empereur!
20 septembre 1758 est, selon certains historiens dont Jules Rosemond, la date la plus proche de la vérité sur la naissance de Jean-Jacques Dessalines. Certains historiens le font naître en 1748 en Guinée, d’autres en 1749 et 1756 à Saint Domingue.
Que le débat sur le jour de la venue au monde de l’Empereur soit ouvert ou clos, laissons les fins connaisseurs de l’Histoire se chamailler sur cette non moins importante question, contentons-nous simplement de rappeler que par arrêté en date du 17 septembre 2020, la Présidence a déclaré la journée du 20 septembre « Jour de Dessalines ». Trois ans déjà depuis qu’Haïti célèbre officiellement la naissance du Père fondateur de la Patrie. Célébration, dites-vous ?

À part un simple tweet premier-ministériel, une simple note ministérielle, ou quelques affiches virtuelles de citoyens de bonne volonté sur les réseaux sociaux numériques, rien n’indique que l’on fête, en ce mercredi 20 septembre 2023, le 265ème anniversaire du Généralissime Jean-Jacques Dessalines.
C’est moins une journée de célébration qu’un simple jour de congé. Pour tout dire, ou essayer de tout dire, seuls les salariés, les ouvriers, éternels guetteurs de jours fériés et de congé, allongés, oisifs, l’espace d’une journée, sont contents. En termes de caractère insipide, 20 septembre est le frère siamois du 17 octobre ; pendant ces deux dates, on évoque le nom et l’Idéal de Dessalines pour mieux oublier ce qu’il fut.
Tout compte fait, il y a quelque part quelqu’un (ou un groupe) qui se donne pour mission de continuellement réassassiner Dessalines par moquerie ou par ironie. Cet assassinat continuel et continu se sent sur le Boulevard insalubre, infesté de miasmes morbides, qui porte le nom de l’Empereur au centre-ville de la capitale haïtienne. Cet assassinat continuel et continu se voit crument au pied du monument, jamais désherbé, érigé en son nom au Champs-de-Mars (Port-au-Prince), où l’on inhale, l’âme lourde de colère et d’indignation, l’odeur de la défécation depuis quelque temps.
Voulant aller loin, très loin, peut-être trop loin dans ses réflexions de citoyen conscient et engagé, quelqu’un se demandait un jour : pourquoi Pétion figure sur un billet (500 gourdes) qui fait deux fois la valeur du billet sur lequel est frappée l’effigie de Dessalines (250 gourdes) ? Subtil petit ré-assassinat, qui sait.
Abstraction faite des injures et invectives des mauvaises langues, des détracteurs, des vaincus rancuniers, tout a déjà été dit sur l’Immensité et la Grandeur du Général, pour savoir indubitablement le faste que requiert la célébration de l’anniversaire de sa naissance et de sa mort. Cet homme d’airain en présence duquel tous les héros grecs font triste figure, mérite d’être honoré non par des hommes de bonne volonté, mais par des hommes de volonté qui reconnaissent réellement sa valeur et s’efforcent de l’incarner.
Dessalines mérite bien plus qu’un jour terne de plus. Mais bon…, étant donné que les Pères fondateurs ont ceci de commun avec les « Mamans », qu’ils sont dignes d’être célébrés tous les jours de l’année, célébrons ce « Jour de Dessalines », en dépit de tout, la tête altière et hauts les fronts !
